10.07.2007

PS : le sitcom de l'été

659121bb98d0eb50cb91655336920a07.jpgMe voilà de retour de vacances et cela fait une semaine que je n'ai pas réellement suivi les infos. Mais en lisant l'article ci-dessous sur le site du Figaro, je vois que la vie politique au PS est un vrai Sitcom...

Le premier secrétaire fragilisé. François Hollande a évité le pire, être renversé au lendemain de la double défaite. Le 23 juin, lors du conseil national, il a réussi, en fin manoeuvrier, à rassembler autour de lui tous ceux qui refusaient de laisser Royal s'emparer du parti. Il reste au centre du jeu pour mener « la rénovation ». En poste jusqu'au congrès de 2008, il ne sera pas candidat à sa succession.

Les ségolistes s'organisent. Passé le temps de la déception, les partisans de Royal préparent une riposte aux attaques dont l'ex-candidate a fait l'objet depuis le 6 mai. La présidente de Poitou-Charentes, qui a déjà envisagé une nouvelle candidature, fera sa rentrée politique le 25 août à Melle.

Des hollando-jospinistes à la manoeuvre. La semaine dernière, des proches de François Hollande et de Lionel Jospin ont signé une tribune dans Le Monde, intitulée « Repensons, rassemblons, renouvelons la gauche ». Ce texte, dans lequel ils soutiennent la démarche du premier secrétaire, appelle à une « refondation » autour d'un projet « résolument ancré à gauche ». Selon l'un des signataires, Faouzi Lamdaoui, « il n'est pas question d'ouvrir une énième boutique. Il faut revenir à la maison mère ».

Les « éléphants » font leurs calculs. Laurent Fabius et DSK ont renoncé à leur place au bureau national pour passer le flambeau à leurs jeunes seconds : le premier à Guillaume Bachelay, le deuxième à Christophe Borgel. À 60 ans, l'ex-premier ministre, qui peut se flatter d'avoir levé le lièvre de la TVA sociale, veut être « un sage actif ». Ce qui ne l'empêche pas de tirer à boulets rouges sur Royal, en dénonçant un « triple déficit » : « présidentialité, crédibilité, collégialité ».

DSK abandonnera-t-il les joutes socialistes pour être le prochain directeur général du FMI à Washington ? En tout cas, Nicolas Sarkozy défend la candidature de l'ex-ministre des Finances, qui attend pour sortir du bois qu'un consensus européen se dégage sur son nom. Mais ce soutien du chef de l'État accroît encore le trouble et les doutes des socialistes, assommés par l'ouverture. Le PS n'a « aucune opposition de principe ou de fond » à l'éventuelle nomination de DSK, qui serait alors choisi « au nom de la France et des autres pays européens », a affirmé hier Stéphane Le Foll, directeur de cabinet du premier secrétaire. En revanche, si Jack Lang participait à la commission de modernisation des institutions, cela n'engagerait que lui-même, a expliqué Hollande, qui réclame « le respect » de l'opposition. Quant aux ministres d'ouverture, ils ne sont plus, à ses yeux, que « des soldats perdus » du PS.

Les jeunes lions se font les griffes. La semaine dernière, quinze élus, quadragénaires pour la plupart, « venant d'horizons différents, mais soucieux de leur confrontation créative » ont décidé d'unir leurs efforts pour « une rénovation exigeante et sincère », le processus engagé par François Hollande ne leur paraissant pas « à la hauteur de l'enjeu ». Parmi ces jeunes lions, qui se veulent « sans leader ni présupposés », figurent quelques proches ou moins proches de Royal, comme Arnaud Montebourg, Manuel Valls, Gaëtan Gorce, Christian Paul, Patrick Bloche ou encore Marisol Touraine.

Les jeunes pousses veulent dire leur mot. Les Montebourg, Valls, Gorce ou Bloche ne sont pas les seuls à secouer le cocotier. Les fabiusiens Guillaume Bachelay et Alexis Dalem, les strauss-kahniens Christophe Borgel, Laurent Baumel et François Kalfon ont, eux aussi, décidé de travailler en commun par-delà les clivages traditionnels. « Pour lancer le débat de la reconstruction de la gauche », ils ont ouvert, ensemble, un site Internet dont le nom - www.gagner-2012. net - en dit long sur  l'objectif.

À partir de début septembre, ils tiendront des « conférences de consensus », destinées à débattre en profondeur des grands sujets comme la question sociale, l'Europe, la mondialisation. Il s'agira de « dégager des lignes de force, pas des consensus mous », explique Kalfon. Samedi, ils ont rencontré le député européen Benoît Hamon, l'une des figures montantes du PS, et des amis d'Henri Emmanuelli pour convenir d'un rapprochement.

Jospin se tait. L'ancien premier ministre observe, ne dit mot, mais on peut supposer qu'il sortirait de sa réserve si Ségolène Royal était en situation de prendre le PS.