« 2007-09 | Page d'accueil | 2007-11 »

30.10.2007

Augmentation : +140%

ff2d4feb16c254e98fbc2e9be5098c09.jpgLa rémunération de Nicolas Sarkozy devrait être triplée par un amendement gouvernemental, déposé ce mardi après-midi 29 octobre à l'Assemblée nationale. Le traitement actuel du président de la République est de 6.000 euros net par mois et 101.488 euros pour toute l'année 2007. Il devrait être porté à 19.000 euros brut, "exclusif de toute pensions, primes et retraites", selon le ministre chargé des relations avec le Parlement, Roger Karoutchi. Cet amendement sera étudié lors de l'examen des crédits dévolus aux pouvoirs publics.

Nicolas Sarkozy explique, lui-même, cette demande par une volonté de transparence. "Il n'est pas question que ce soit moi qui fixe la rémunération du président de la République", insiste-t-il, ce mardi 30 octobre, "je veux que pour le Président, son salaire soit fixé comme pour les ministres par la loi, en toute transparence". Il a également indiqué qu'il voulait un "contrôle de l'Elysée" par la Cour des Comptes

Cette augmentation considérable s'explique par la conjonction de deux facteurs. D'abord une réalité: Nicolas Sarkozy n'est pas si bien payé que cela, comparé aux autres chefs d'Etat. Ainsi, Georges W. Bush reçoit 400.000 dollars par an, soit 277.000 euros pour sa fonction de président des Etats-Unis. Il est vrai, en revanche, que Vladimir Poutine ne touche que 2 millions de roubles (56.400 euros) par an.

32c90651320e85af628e29e98110adff.jpgDeuxième explication, la réforme institutionnelle préparée par la commission Balladur. L'augmentation de rémunération serait finalement assez normale alors que devraient considérablement augmenter les pouvoirs du président, réduisant d'autant ceux du Premier ministre. Logiquement, ce dernier devrait être moins payé que le premier. Aujourd'hui, François Fillon gagne 224.288,4 euros par an.

On peut quand même se demander pourquoi un président capable de se payer une croisière sur un Yacht ou un séjour dans une villa en amérique a besoin de lancer une polémique telle que celle là aujourd'hui... serait-ce pour payer les pensions alimentaires ?

Il est loin le temps où le général de Gaulle faisait un chèque lorsque sa famille venait déjeuner le week end à l'élysée...

26.10.2007

La méthode Sarko

31f69e81c9965ec270ec1208ec3e2ade.jpgSimple passage à vide, ou début de dépression ? Le diagnostic reste incertain. Une chose est sûre : l'incompréhension grandit entre le gouvernement et sa majorité.

 

Confrontés, le 18 octobre, au premier mouvement social d'ampleur du quinquennat, qui a montré que la réforme des régimes spéciaux de retraite ne serait pas aussi simple que les sondages le laissaient présager, les parlementaires de droite s'agacent de plus en plus ouvertement des oukases et revirements de Nicolas Sarkozy.

Le 3 octobre, les parlementaires de l'UMP étaient vertement "recadrés" par le chef de l'Etat, qui leur reprochait notamment d'avoir manifesté leur grogne vis-à-vis de la réforme des institutions. Changement de pied le 21 octobre : le président de la République convoque en urgence les cadres de l'UMP au siège du parti pour leur demander de se concentrer sur la ratification du traité européen, en soulignant bien à quel point ce "succès" devait être porté à son actif. Dans le même temps, il jette une pelletée de terre sur la réforme des institutions, implicitement renvoyée à l'après municipales. Chacun est prié de s'adapter.

Deux jours plus tard, le gouvernement décide subitement de faire examiner en urgence par les députés une proposition de loi pour permettre au Nouveau Centre – les centristes alliés à M. Sarkozy – d'accéder au financement public ( Le Monde du 25 octobre).

Textes reportés – ainsi le projet de loi pénitentiaire, qui devait être inscrit en début de session, ne sera même pas débattu en décembre –, cafouillages, annonces suivies de la mise en place de commissions diverses : les griefs se sont accumulés chez des parlementaires qui ont le sentiment d'être relégués au rang de simples spectateurs.

Deux répliques sont venues dans l'Hémicycle. Le 23 octobre, il manquait plus de quarante voix dans les rangs de l'UMP pour approuver le projet de loi sur l'immigration si cher au président, au terme d'un débat parasité par l'introduction de l'amendement autorisant le recours aux tests ADN dans le cadre du regroupement familial. Le lendemain, les députés de l'UMP n'ont pas été au rendez-vous de l'examen de la proposition de loi du Nouveau centre. Le texte n'a pu être adopté, faute de majorité. La poursuite du débat a été "ajournée".

"IL VA FALLOIR ÊTRE COURAGEUX"

"C'est incroyable
, s'interroge Marie-Jo Zimmermann, députée (UMP) de la Moselle. Je ne comprends pas ce qui se passe, comment un tel délitement est possible. Et nous ne sommes qu'en tout début de mandat…"

"On aurait peut-être mieux fait de se passer d'une session extraordinaire en septembre", soupire Roger Karoutchi, le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, auquel n'a pas échappé le "spleen" de la majorité.

"On ronge notre frein", admet Josselin de Rohan, le président du groupe UMP du Sénat. Le député (UMP) de Saône-et-Loire Jean-Paul Anciaux exprime sans détours le décalage entre les désirs et la réalité. "Le président et le gouvernement n'ont pas forcément pris toute la mesure du temps nécessaire à l'élaboration des textes, explique-t-il. Il ne suffit pas de claquer des doigts. Cela ne va pas aussi vite que d'aucuns l'imaginaient. Y compris le président de la République."

Les parlementaires ont encore rué dans les brancards à propos du "Grenelle de l'environnement", craignant que l'on n'en retienne que la mise en place d'une nouvelle fiscalité et des contraintes supplémentaires. Ils se sont alarmé des conséquences que pourraient avoir avant les élections municipales les suppressions de tribunaux prévues avec la réforme de la carte judiciaire.

Interrogé lors de son déplacement au Maroc, mercredi, M. Sarkozy n'a pas semblé perturbé par les états d'âme de sa majorité. La réforme des institutions? "Ce sont des sujets très lourds sur lesquels j'ai besoin de réfléchir" , a indiqué le chef de l'Etat, en soulignant que "ceux qui refuseront le consensus devront s'expliquer avec les Français".

Devant des patrons français et marocains, le président est quasi prophétique : "La France aura le taux de croissance le plus haut, le taux de chômage le plus bas. J'ai été élu, je réussirai". A charge pour François Fillon de panser les plaies à Paris. "Il va falloir être courageux", a dit François Fillon aux élus de la majorité. Ils sont exaspérés.

(article du journal le Monde)

22.10.2007

La lettre, le débat...


Toutes les notes